Bon nombre de familles aidantes d’un  proche souffrant de troubles psychiques sont emmurées dans leur solitude. Elles sont porteuses d’un lourd accompagnement au quotidien qui oscille en fonction de la fluctuation des troubles. A savoir que lorsque le proche malade est majeur, les aidants sont d’autant plus mis à l’écart : confidentialité, secret professionnel… Lire « troubles psychiques : le cri de détresse des mamans d’enfants malades » paru le 16 janvier 2019 et  disponible sur le site : www.le parisien.fr

Elles sont victimes de la stigmatisation sociétale, de la non reconnaissance auprès d’institutions soignantes, de l’inégalité des prises en charge entre le milieu rural et le milieu urbain, d’une posture accompagnante paradoxale entre laisser opérer l’autonomie et mettre un cadre.

Pas facile d’avoir la posture la plus juste possible lorsque son proche vit au domicile. Que ce dernier est dans le déni de ses troubles et que ceux-ci perturbent son quotidien et influencent fortement l’équilibre familial, pour les parents mais aussi pour la fratrie.

Certaines familles vivent la désertification amicale. La santé mentale fait peur et renvoie  souvent aux faits divers médiatisés. En effet, difficile de faire comprendre ce qui au premier coup d’œil ne se voit pas, les troubles psychiques font partis du handicap invisible.

Lors de la première hospitalisation de son proche qui dure généralement autour d’une semaine, il est proposé à la famille un retour à domicile, très souvent une obligation de soin en ambulatoire.

L’obligation de soin consiste à un entretien (voir deux) une fois par mois avec le CMP de secteur.

L’entretien dure environ trente minutes, à l’issue duquel des ordonnances sont délivrées : prise de sang, prescription médicamenteuse ou injection retard.

Malheureusement, sans équipe mobile faisant le lien pluridisciplinaire, la famille doit faire preuve de créativité en multipliant plusieurs casquettes tantôt infirmière, assistante sociale, éducateur spécialisée, curateur… essayant ainsi  de compenser une prise en charge insuffisante. Elle se démène pour apporter un semblant d’accompagnement adapté, pour cela elle s’applique à être en lien avec le psychiatre en charge du dossier. Malheureusement, être entendu et être dans une cohérence d’accompagnement commune s’avère généralement bien compliqué.

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